Maria Chapdelaine
Louis Hémon
218 pages
Résumé : Une maison isolée, au nord du Canada, dans la province du Québec. Là vit la douce et belle Maria Chapdelaine, avec ses parents et ses frères et s½urs. La ville la plus proche est Peribonka où, un jour de printemps, Maria et son père Samuel rencontrent François Paradis, le trappeur parti depuis si longtemps. A l'évidence, François éprouve les sentiments les plus tendres pour la jeune fille, que courtisent également un brave et fruste bûcheron, Eutrope Gagnon, et Lorenzo, un citadin aux belles manières qui vient régulièrement commercer dans la région, Mais c'est le trappeur que Maria préfère; il s'est d'ailleurs déclaré le premier, promenant de l'épouser à son retour du chantier où il passera l'hiver à gagner l'argent de leur ménage.
La mauvaise saison est revenue, Les Chapdelaine ne pourront même pas assister à la messe de minuit car les chutes de neige ont coupé les chemins. Au long des jours et des nuits, Maria prie en silence pour que François lui revienne vite. Celui-ci, impatient s'est imprudemment mis en route, en pleine tempête, rêvant de passer Noël avec sa bien-aimée. Mais c'est son cadavre qui est ramené au village en ce jour de la nouvelle année que la famille Chapdelaine y venait fêter...
A leur tour, Gagnon et Lorenzo se déclarent : l'un offre à Maria la sécurité au pays, l'autre l'aventure de la grande ville. La jeune fille ne sait que répondre. C'est alors qu'une nouvelle épreuve vient frapper les Chapdelaine, Laure, la mère, tombe malade : le médecin comme le guérisseur avouent leur impuissance. La pauvre femme s'éteint. Aux obsèques, le curé prêche : "Au pays de Québec, rien ne doit mourir et rien ne doit changer." Lorenzo se résigne et s'en va; Maria annonce à Gagnon qu'elle est prête à l'épouser.
Extrait :
Le ciel baigné de lune était singulièrement lumineux et profond, et d'un bout à l'autre de ce ciel des nuages curieusement découpés, semblables à des décors, défilaient comme une procession solennelle. Le sol blanc n'évoquait aucune idée de froid ni de tristesse, car la brise était tiède, et quelque vertu mystérieuse du printemps qui venait faisait de la neige un simple déguisement du paysage, nullement redoutable, et que l'on devinait condamné à bientôt disparaître.
Maria, assise près de la petite fenêtre, regarda quelque temps sans y penser le ciel, le sol blanc, la barre lointaine de la forêt, et tout à coup il lui sembla que cette question qu'elle s'était posée à elle-même venait de recevoir une réponse. Vivre ainsi, dans ce pays, comme sa mère avait vécu, et puis mourir et laisser derrière soi un homme chagriné et le souvenir des vertus essentielles de sa race — elle sentait qu'elle serait capable de cela. Elle s'en rendait compte sans aucune vanité, et comme si la réponse était venue d'ailleurs. Oui : elle serait capable de cela; et une sorte d'étonnement lui vint, comme si c'était là une révélation inattendue.
Elle pourrait vivre ainsi; seulement elle n'avait pas dessein de le faire... Un peu plus tard, quand ce deuil serait fini, Lorenzo Surprenant reviendrait des États pour la troisième fois et l'emmènerait vers l'inconnu magique des villes, loin des grands bois qu'elle détestait, loin du pays barbare où les hommes qui s'étaient écartés mouraient sans secours, où les femmes souffraient et agonisaient longuement tandis qu'on s'en allait chercher une aide inefficace au long des interminables chemins emplis de neige. Pourquoi rester là, et tant peiner, et tant souffrir, lorsqu'on pouvait s'en aller vers le sud et vivre heureux ?Mon appréciation : C'était un livre imposé par l'école, donc je ne m'attendais pas à grand-chose. Toutefois, je n'ai pas le choix de reconnaître que c'est de la bonne littérature. C'était léger, sans trop de lourdeur. Avec des longueurs, oui, mais tout de même pas trop mal.
Le personnage de Maria est crédible, facile à imaginer. Le point le plus négatif du roman est sa couverture, qui ne correspond pas au personnage. On décrit Maria comme étant de bonne chaire, donc grasse. Mais su la couverture elle est mince et a l'air d'une ville de la ville, emmitoufflée dans des fourrures.
Mais ça n'enlève rien au roman. À l'époque, les romans de la terre servaient à inciter les gens à retourner dans les campagnes, ou à y rester. Maria Chapdelaine respecte bien ces conditions. Ça nous décrit tellement bien le travail de la terre que ça nous donne l'impression que c'est quelque chose d'agréable.
Ma note : 7.5/10
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